Le dernier tronçon de la
« rocade sud-est » vient d’entrer en service. Disons-le sans ambages, il faut se réjouir de l’achèvement de ces travaux commencés il y a… 26 ans. Draguignan a évidemment beaucoup changé
entre-temps. Il est donc évident que cette voie de contournement ne peut plus suffire à résoudre les problèmes de circulation dans notre ville. Sa conception même est fortement datée.
L’aspect inachevé de cette rocade déjà très fréquentée qui mène de l’hôpital à l’entrée immédiate du centre ville avait quelque chose de surréaliste. Les automobilistes pressés s’étaient habitués, une fois arrivés au rond-point Louise Michel, à faire ensuite du gymkhana pour quitter la ville avec la possibilité, selon les jours, de varier les plaisirs, soit en rejoignant le boulevard Carnot, soit en empruntant la rue Lech Walesa, soit en traversant le parking du centre commercial de St Léger. Cette curiosité disparaît. La quatre voies réussit enfin sa percée jusqu’au rond-point Charles De Gaulle, commencée en 1981. Il faut évidemment s’en féliciter.
4,5 km en 26 ans
Un record !
Cette voie départementale relève des attributions du Conseil général, responsable presque depuis l’origine de la conduite et du financement des travaux. Il ne serait d’ailleurs pas inintéressant, pour la petite histoire administrative, de rechercher pourquoi il a tant tardé en chemin. Prendre 26 ans pour parcourir au total 4,5 km, ce n’est pas rapide ! La lenteur des travaux nous ramène au temps des cathédrales ou même des pyramides.
Je précise à cet égard que, durant mon mandat, a été ouvert, dans le cadre de la réalisation du quartier de l’Esplanade, le tronçon reliant l’avenue des Vignerons et la place Louise Michel. Quant, aussitôt après, nous avons demandé au Conseil général de lancer les études pour l’achèvement de la rocade, il nous a répondu officiellement que, comme il avait financé les premiers tronçons, il nous fallait prendre en charge la fin des travaux.
Cela revenait à ajourner l’opération car le seul budget de la Commune n’aurait à l’évidence pas pu en supporter le coût qui s’est finalement élevée à 5,3 millions d’euros (4,8 M€ payés directement par la Conseil général et 530.000 € par la Commune pour les aménagement urbains). Notre insistance ne servit à rien. Le Conseil général vivait alors dans l’opulence financière, mais le refus fut intransigeant. En tout cas, jusqu’au changement de municipalité en 2001.
Sans rancune. Il est heureux que le Conseil général, très présent sur toutes les grosses opérations d’équipements publics de l’agglomération toulonnaise, n’ait finalement pas oublié de terminer, même tardivement, une opération commencée à Draguignan en 1981. Sans doute, la proximité des élections municipales et cantonales n’est-elle pas pour rien dans ce dernier sursaut. Le président du Conseil général l’a lui-même reconnu lors de l’inauguration.
Quel résultat pour la circulation en ville ?
La circulation routière va-t-elle s’en trouver allégée en centre ville ? L’avenir le dira rapidement. Logiquement, il devrait en être ainsi au bas du boulevard Carnot, au rond-point De Lattre de Tassigny et dans tout le quartier St Léger. Pour le reste, il n’est pas certain du tout que les embouteillages que connaît maintenant Draguignan à l’entrée de la ville aux heures de pointe en soient atténués. Comment le rond-point Charles De Gaulle dont la taille n’a pas été modifiée pourra-t-il écouler un trafic au moins aussi nombreux et certainement plus rapide ? La réponse relève de la physique des fluides.
Le temps gaspillé dans la conduite des opérations d’aménagement urbain a toujours un coût pour la collectivité. En l’occurrence, il est clair qu’au terme d’un quart de siècle, la fonction dévolue à cette voie ne correspond plus à sa vocation initiale. Les termes employés suffisent à le montrer. On nous parle de « rocade », ce qui avait sans doute un sens à l’époque où Draguignan avait une taille deux fois inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui. Le but de l’opération était de réaliser une voie express pour permettre aux automobilistes de passage de contourner la ville sans y pénétrer. Désormais, le tissu urbain s’étant considérablement étendu, cette voie se trouve, non plus hors, mais dans la ville sur les deux tiers de son tracé, et prochainement sur la totalité.
La conception de cette « rocade » est complètement datée
De facto, il s’agit donc en grande partie, non plus d’une rocade, mais tout simplement d’un boulevard dont il aurait fallu éviter qu’il marque une rupture dans le tissu urbain. Cependant, la conception de cette artère n’a pas été revue. Elle conserve essentiellement le caractère d’un équipement routier. Des trottoirs ont été prévus pour les piétons, mais il n’y a presque aucun pied d’immeuble accessible depuis ceux-ci. Il sera donc difficile d’y aménager des commerces de proximité et de les y faire vivre.
Les carrefours sont des « giratoires » conçus pour les voitures, et non des places d’abord aménagées pour les piétons. Sur tout le tracé, il n’y aucun jardin public, pas de jeux d’enfants et pas, bien sûr pas de pistes cyclables ce qui est réellement impardonnable au moment même où l’un des enjeux communément admis est de réduire l’usage de la voiture en ville.
Bref, l’achèvement de cette « rocade » était inéluctable. Mais, sa conception est complètement datée, faute d’avoir été repensée depuis 25 ans.
Une Ville pour Tous !

Chacun connaît
la place du Dragon, en haut du boulevard de la Liberté, au croisement avec la route de Montferrat qui mène au centre hospitalier. A l’angle du boulevard, en face de la statuette du dragon, le
chantier d’un immeuble vient de commencer. Une simple banderole donne le nom d’un promoteur de la Côte avec, pour le joindre, un numéro de téléphone portable. Un panneau couché au bout du terrain
indique qu’à cet endroit il y aura bientôt « 24 appartements et studios ».
On dit
banalement qu’un maire est le « premier magistrat » de sa ville. L’expression relève de l’assimilation hâtive, car un maire n’a ni le statut ni les attributions d’un juge. Elle est même
carrément abusive quand le maire se place en infraction avec la loi ou la réglementation qu’il est chargé de faire respecter par ses concitoyens. C’est le cas à Draguignan.
Commentaires Récents